L’ATT a été étudiée comme technique de traitement, mais elle n’est pas un traitement autonome établi de l’anxiété. Heed n’est pas une thérapie et ne revendique aucun effet thérapeutique. Séparer ces deux constats respecte mieux son histoire clinique.
Voici ce qu’on peut honnêtement affirmer.
D’où vient la technique
Le premier rapport publié, en 1990, est étroit : un seul patient, avec un trouble panique survenant conjointement à une anxiété induite par la relaxation, traité par une approche d’entraînement attentionnel[2]. Le lien avec l’anxiété est donc réel et se trouve à l’origine.
Mais notez le détail. Le problème de ce patient incluait le fait que la relaxation aggravait les choses — et l’exercice mis au point par Wells est explicitement présenté comme n’étant pas une méthode de relaxation : il ne doit pas être employé comme distraction, évitement ou stratégie de gestion des symptômes, et n’est pas conçu comme une stratégie de gestion des émotions[1]. Il n’a pas été conçu pour calmer.
En 2009, l’ATT était devenue un composant de la thérapie métacognitive — la stratégie de modification de l’attention au sein d’un traitement plus large[1]. Elle a également été évaluée comme intervention autonome ; aucun de ces deux contextes ne doit être effacé.
Ce qu’elle vise réellement
Non l’anxiété, mais un motif de traitement : le syndrome cognitivo-attentionnel — traitement persévératif, auto-centré, fondé sur l’inquiétude, avec surveillance de la menace[1]. Wells décrit la technique comme interrompant ce motif et améliorant le contrôle exécutif flexible[1].
La distinction compte en pratique. Un traitement de l’anxiété viserait ce que vous ressentez. L’ATT vise là où va l’attention, ce que le modèle situe en amont du motif — une proposition, non une chaîne causale démontrée.
Pourquoi ne pas s’en saisir quand on est anxieux
C’est le point pratique le plus important de cette page, et le manuel est sans ambiguïté.
Le protocole prévoit l’ATT lorsque la personne n’est pas anxieuse ni en inquiétude aiguë[1]. L’utiliser pour gérer un symptôme sur le moment est nommé mésusage dans le chapitre — il existe une section sur le mésusage comme évitement ou gestion des symptômes[1].
Un exercice employé pour échapper à une émotion enseigne qu’il faut y échapper, et il remet l’attention sur votre état intérieur, c’est-à-dire sur le motif même qu’il s’agit d’interrompre.
Si vous êtes en détresse réelle en ce moment, ce n’est pas l’outil de cet instant. Contactez un professionnel qualifié ou, si vous avez besoin d’un soutien immédiat, les services d’urgence ou de crise de votre région.
Ce que la recherche montre et ne montre pas
Dans une étude de composante, une seule séance d’ATT a orienté davantage l’attention vers l’extérieur entre les mesures avant et après[3]. La comparaison était une tâche basée sur la pleine conscience, pas un contrôle neutre.
Le tableau d’ensemble est mitigé. La revue systématique de 2026 a synthétisé 20 études de l’ATT seule portant sur des effets cognitifs et neuronaux[4]. Une étude randomisée de 2021 auprès de 78 adultes présentant probablement un trouble anxieux généralisé n’a trouvé aucun avantage de l’ATT sur l’intervention contrôle[5]. Un petit essai randomisé de faisabilité de 2026, chez 20 personnes présentant des troubles anxieux mixtes, a observé une amélioration supérieure à une liste d’attente, maintenue à trois et six mois[6]. Cela justifie davantage de recherches, pas une promesse d’efficacité.
Si vous souhaitez pratiquer malgré tout
Beaucoup pratiquent l’entraînement attentionnel sans aucun diagnostic, et la formulation de Wells le soutient : il le présente à ses patients comme une forme d’« entraînement de forme mentale » général plutôt que comme une forme d’évitement[1].
Pratiqué ainsi, cela signifie : un créneau régulier quand vous êtes relativement posé ; aucune attente de vous sentir plus calme ensuite ; des séances jugées à votre capacité à ramener l’attention ; et un effort qui ne disparaît pas, puisque l’exercice est bâti pour rester exigeant[1].
Et si l’anxiété est quelque chose que vous gérez, parlez-en à un professionnel qualifié. Heed est un outil de pratique autonome inspiré de la recherche sur l’entraînement attentionnel — ni une thérapie, ni un dispositif médical.
Questions et réponses
- L'ATT est-elle un traitement de l'anxiété ?
- L’ATT a été étudiée comme technique de traitement, seule et dans la thérapie métacognitive. Les données en usage autonome restent limitées et mitigées. Heed n’est pas une thérapie et ne revendique aucun effet thérapeutique.
- Puis-je utiliser l'ATT pendant une attaque de panique ou un moment anxieux ?
- Non. Le protocole prévoit une pratique lorsque vous n'êtes ni anxieux ni en inquiétude aiguë, et nomme la gestion de symptôme sur le moment comme un mésusage. En cas de détresse réelle, contactez un professionnel ou les services de crise de votre région.
- D'où vient l'ATT, si ce n'est du traitement de l'anxiété ?
- La première publication de 1990 était un cas unique associant trouble panique et anxiété induite par la relaxation. L’ATT est ensuite devenue un composant de la thérapie métacognitive et a aussi été étudiée seule.
Références
- Wells, A. (2009). Metacognitive Therapy for Anxiety and Depression. Guilford Press. Chapitre 4 : Attention Training Techniques.
- Wells, A. (1990). Panic disorder in association with relaxation induced anxiety: An attentional training approach to treatment. Behavior Therapy, 21(3), 273–280. https://doi.org/10.1016/S0005-7894(05)80330-2
- Fergus, T. A., Wheless, N. E., & Wright, L. C. (2014). The attention training technique, self-focused attention, and anxiety: A laboratory-based component study. Behaviour Research and Therapy, 61, 150–155. https://doi.org/10.1016/j.brat.2014.08.007
- Davison, C., Capobianco, L., Carter, K., & Wells, A. (2026). Cognitive and neuropsychological correlates of the attention training technique: A systematic review and evidence synthesis. Frontiers in Psychiatry, 17, 1766748. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2026.1766748
- Stewart, K. E., Antony, M. M., & Koerner, N. (2021). A randomized experimental analysis of the attention training technique: Effects on worry and relevant processes in individuals with probable generalized anxiety disorder. Behaviour Research and Therapy, 141, 103863. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33872957/
- Snuggerud, T. R., Nordahl, H., Vrabel, K. A., Hoffart, A., & Johnson, S. U. (2026). The feasibility and preliminary outcomes of a two-week attention training technique intervention for young adults with mixed anxiety disorders. Cognitive Behaviour Therapy, 55(3), 372–390. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40424353/
Publié par les créateurs de Heed, une application pour pratiquer des séances d'ATT. iPhone · Android. Heed est un outil de pratique autonome inspiré de la recherche sur l'entraînement attentionnel (ATT) — ni une thérapie, ni un dispositif médical.